Entretien avec Marc Vandeputte (Philips)

Philips, Bruges, (12 mars 2010).

 

Marc Vandeputte est ingénieur électricien au centre Philips Innovative Applications à Bruges, où Philips développe ses nouveaux téléviseurs à la pointe de la technologie. C’est là que sont produits les téléviseurs couleur Philips haut de gamme (écrans plats). Rony Vissers et Emanuel Lorrain (PACKED vzw) ont sollicité ses conseils concernant la gestion des équipements audiovisuels obsolètes.

 

Packed : Depuis quand travaillez-vous chez Philips ? Quelle est votre fonction dans l’entreprise ?

Marc Vandeputte : Je travaille chez Philips depuis 1983. J’ai commencé à l’assemblage des téléviseurs couleur. Après quatre ans, j’ai intégré l’équipe de maintenance du design, puis je suis devenu ce qu’on appelle set father, c’est-à-dire responsable d’une gamme précise de poste de télévision à tube cathodique.

J’occupe toujours ce poste aujourd’hui, au sein du service de Development Quality. Notre équipe de cinq personnes se charge de l’ensemble des écrans plats Philips 8000 et 9000. Nous répertorions les divers composants des machines, nous définissons des critères de contrôle et exécutons les programmes de contrôle qualité correspondants. En bout de chaîne, c’est nous qui vérifions la conformité des appareils.

Un télévisieur à écran plat est un assemblage mécanique puissant intégrant différents composants électriques et contrôlé par des algorithmes logiciels très performants. Tous ces éléments sont créés – selon des normes précises – par une équipe de développement colossale. Pour la mise au point et la fabrication des produits que nous commercialisons, il est important de connaître leurs caractéristiques techniques ainsi que leur fonctionnement matériel et logiciel. Dans chaque catégorie de téléviseur, toutes les pièces de ce puzzle doivent parfaitement s’assembler pour produire une qualité visuelle et sonore optimale, mais aussi permettre un accès aisé aux fonctions complexes qu’un écran plat peut proposer. L’objectif est d’appliquer le slogan du service Consumer Lifestyle de Philips : « Du sens et de la simplicité ».

 

Packed : Possédez-vous une collection de téléviseurs au centre Philips de Bruges ?

Marc Vandeputte : Oui, nous avons gardé beaucoup de vieux postes datant de 1957 à nos jours dans ce centre. Notamment parce que la loi exige que chaque téléviseur mis sur le marché passe par un organisme de contrôle et d’homologation agréé au niveau national, pour qu’on puisse se référer au modèle d’origine au cas où un produit poserait problème. Ce modèle de référence doit rester disponible sept ans après l’arrêt de la production. Cela peut également être utile pour le service de réparation, qui peut examiner ce matériel lorsque nous leur soumettons un problème. Dans ces cas-là, nous pouvons facilement nous référer au modèle en question.

En Belgique, par exemple, c’est Cebec1 qui est agréé pour le contrôle et l’homologation des produits ; aux Pays-Bas, c’est Kema2. Philips envoie un exemplaire de chaque modèle dans chaque pays pour que celui-ci soit testé en fonction des normes de sécurité en vigueur. Si le téléviseur satisfait à ce test, il se voit attribuer un certificat et un numéro de licence de production correspondant à ces normes. Ce certificat autorise Philips à produire et à commercialiser l’appareil. Sur la vignette d’identification du poste de télévision figurent une preuve de son homologation ainsi que les sigles de tous les pays qui ont approuvé sa commercialisation. Chaque fois que Philips en modifie un élément, nous devons en informer les organisations nationales d’homologation comme Cebec. Elles procèdent alors à un nouveau test de sécurité. S’il y a un incendie, par exemple, et qu’on peut clairement établir que le téléviseur lui-même en est la source, on vérifiera si le modèle en question est conforme aux normes de sécurité. Il n’est pas si facile de commercialiser un produit, il y a toute une série de normes à respecter.

 

Packed : Conservez-vous des téléviseurs au-delà de ce délai de sept ans ?

Marc Vandeputte : Nous avons beaucoup de téléviseurs et tous sont en état de marche. Le nombre de téléviseurs à tube cathodique est en baisse, parce que ces vieux appareils sont très volumineux. J’ai dû faire une sélection parmi ceux-ci et ne garder qu’un seul modèle par gamme ou par classe de produit, pour chaque génération. Nous avons aujourd’hui plus d’écrans plats que de tubes cathodiques, mais il y a certaines pièces de collection que nous tenons à conserver. J’ai gardé un modèle par décennie et par catégorie : années 1960, années 70, années 80 et années 90 ; noir et blanc, couleur; écran large, 16:9 ; les premiers écrans véritablement plats, mais qui utilisaient encore le tube cathodique4, supplantés à partir de 1997 par les technologies plasma5, LCOS6 et LCD7.

Au début, ce n’était pas facile de conserver un stock de télés, car cela prend beaucoup de place et que cette collection devait déménager régulièrement, suivant l’usage ici, chez Philips, qui veut que les différents services sont amenés à changer de locaux de temps à autre. Heureusement, on m’a finalement accordé un endroit réservé à l’entreposage des vieux téléviseurs. À présent, cette pièce est également remplie de modèles plus récents datant des sept dernières années. Si on a assez de place, on essaiera de les garder le plus longtemps possible.

Un de mes passe-temps est de réparer des vieux téléviseurs et j’ai un jour restauré un poste de 1957 que j’avais reçu d’une personne âgée. Je l’ai gardé à la maison. C’était l’un des premiers poste de télévision noir et blanc fabriquées ici à Bruges.

 

 

Packed : Les musées ont beaucoup de mal à conserver les œuvres d’art qui utilisent des équipements en voie d’obsolescence, comme les téléviseurs à tube cathodique ou les lecteurs vidéo. Nous essayons de savoir comment maintenir le plus longtemps possible ces équipements en état de fonctionnement.

Marc Vandeputte : Bien sûr. Rien n’est éternel. En cas de panne ou de casse, il faut avoir les compétences et le matériel nécessaires pour localiser le problème et le réparer. Pour les vieux postes (datant de plus de sept ans), cela peut poser problème. Les difficultés liées à l’obsolescence me sont familières.

Il y a d’abord le problème des pièces de rechange : certains composants essentiels des vieux téléviseurs, mais aussi de machines industrielles, ne sont plus disponibles. Il faut parfois même les reproduire à la main. Un bon exemple est le transformateur haute tension appelé LOPT (Line Output Transformer)1 qui change le 140 V en 27 kV pour faire fonctionner une partie du tube cathodique. Si ce transformateur tombe en panne et que le modèle de téléviseur n’est plus disponible, on ne peut pas le remplacer. La seule solution est de le faire refaire. On peut demander à des fabricants de pièces détachées qui produisent encore des transformateurs haute tension d’en réaliser une copie avec les mêmes caractéristiques techniques. Ça vous coûtera très cher, mais ce pseudo-transformateur d’origine remplacera l’ancien et allongera la durée de vie de votre téléviseur.

Pour préserver une œuvre d’art très longtemps, la stratégie idéale serait de commencer à collecter les équipements (téléviseurs, magnétoscopes, etc.) dès aujourd’hui, tant qu’ils sont faciles à trouver – neufs ou d’occasion – et de trouver un technicien qui soit capable, par exemple, de réparer un téléviseur à partir de cinq exemplaires cassés du même modèle en réutilisant les composants qui fonctionnent encore.

Deuxièmement, les équipements doivent être stockés dans une pièce climatisée, dont l’humidité est maintenue au niveau le plus bas possible. La mise en marche régulière – une fois par mois – des équipements permet de garder certains composants électriques sensibles tels que les condensateurs électrolytiques1 opérationnels.

 

Packed : Le problème, pour les musées, c’est que certaines technologies disparaissent parfois totalement, comme c’est le cas des téléviseurs et des moniteurs à tube cathodique.

Marc Vandeputte : Oui, je comprends bien les soucis rencontrés dans ce domaine. C’est le genre de problèmes que nous aurons aussi ici avec nos vieux téléviseurs (rires). Les anciennes technologies disparaissent en raison de la durée de vie limitée de leurs composants. Les supports sur lesquels sont inscrits les images et le son continuent d’exister, mais les équipements pour les lire sont condamnés à disparaître un jour.

Aujourd’hui, Philips est passé au numérique, tout comme les autres marques, bien que l’on accorde encore de l’importance à l’analogique : actuellement, presque tous les téléviseurs ainsi que les équipements qui peuvent y être connectés ont encore des entrées et des sorties analogiques, afin de rester compatibles avec le matériel plus ancien comme les magnétoscopes, les lecteurs DVD, les caméras analogiques, etc. Les gens qui achètent un lecteur Blu-ray1 neuf aujourd’hui ont encore le choix de le brancher sur une vieille télé ou sur un écran plat récent. Ces deux types de téléviseurs peuvent encore retransmettre les signaux d’un vieux magnétoscope.

Il y a beaucoup de pays où, bien que le réseau soit numérique, des boîtiers transforment le signal numérique en un signal analogique pour les vieux téléviseurs dotés de connecteurs Péritel1 et RF1. En fin de compte, quand le dernier poste de télévision analogique aura disparu et que tout le réseau sera entièrement numérique, plus aucun boîtier de ce type ne sera nécessaire. Seuls les vieux téléviseurs et les moniteurs conservés par les musées requerront des équipements compatibles avec l’analogique.

Personnellement – pour mes réparations de vieux postes analogiques –, je me suis procuré du matériel d’entretien de base qui convient encore au système analogique, comme un générateur de séquence de test PM5518. Je l’ai acheté pour restaurer et régler de vieux téléviseurs en panne. Pour que ces appareils puissent à nouveau donner une image correcte, il faut parfois réajuster l’alignement de certains de leurs circuits.

De nos jours, la distribution des signaux est presque partout numérique, mais leur distribution interne est toujours analogique dans les téléviseurs plus anciens. Si on y branche une antenne ou un câble, on peut encore obtenir une image, ou uniquement du bruit. La distribution est toujours analogique dans certains pays, mais, d’ici cinq ans au maximum, les fournisseurs télé (entreprises de télédistribution comme Telenet) auront abandonné l’ensemble des signaux analogiques : un syntoniseur-décodeur sera nécessaire pour transformer le signal numérique en signal compatible avec les anciens téléviseurs. On a déjà le DVB-T1 ou le DVB-C1, et même le DVB-S. Si on allume une vieille télé avec ces systèmes, on ne verra que du bruit à l’écran. Dans un musée, pour obtenir une image à partir du signal d’un lecteur DVD moderne, on peut transformer ce signal à l’aide d’un modulateur analogique, qui joue le rôle d’antenne, avant de l’envoyer au syntoniseur ou à l’entrée antenne du téléviseur, ou encore de le brancher directement avec un connecteur Péritel, si l’appareil en est équipé. Il est également possible d’en construire une imitation. On peut installer des composants électroniques neufs dans la carcasse d’une vieille télé, mais ce n’est peut-être pas ce que souhaitent les musées.

 

Packed : C’est parfois le cas. Outre les équipements de monstration comme les moniteurs, les équipements de lecture sont également sources de problèmes pour les musées. Utiliser un appareil « factice » est parfois la seule solution. Les vieux lecteurs vidéo ont souvent été remplacés par des lecteurs à mémoire flash, par exemple, qui lisent la copie numérique d’une vidéo analogique. Ces lecteurs à mémoire flash, compacts et modernes, sont branchés sur de vieux moniteurs et parfois même dissimulés dans des vieux lecteurs analogiques.

Marc Vandeputte : Si on en a les moyens, on peut aujourd’hui acheter un hybride VCR-DVD pour presque rien, peut-être une centaine d’euros. Je conseillerais d’acquérir un appareil de ce type et de le garder pour un avenir plus ou moins lointain… On peut récupérer leurs composants électroniques pour les placer dans d’anciens magnétoscopes. Il faut être un peu bricoleur pour retirer l’électronique d’un magnétoscope et la remplacer par une nouvelle, mais c’est possible. Les visiteurs n’y verront que du feu.

 

Packed : Vous proposez donc d’installer de nouveaux composants dans les vieux appareils ?

Marc Vandeputte : Oui, quand c’est possible, bien sûr. Les nouvelles pièces ne sont pas toujours compatibles avec les anciennes. Dans un poste de télévision, par exemple, le tube cathodique finira toujours par s’endommager ou se casser à un moment donné, ce qui n’est pas réparable ; on ne peut pas le remplacer. Ou alors avec exactement le même type de tube. Les techniciens savent qu’on peut parfois trouver des pièces de rechange très proches des composants originaux. Philips n’a plus aucun tube cathodique dans ses usines. La seule manière de les remplacer est d’en trouver sur Internet.
Quant aux magnétoscopes, il existe une quantité incalculable de têtes de lecture différentes. Si une tête arrive en fin de vie, il est possible qu’on ne puisse plus la remplacer.

 

Packed : Malgré tout, chaque appareil a une durée de vie limitée.

Marc Vandeputte : Exactement. Certaines des limites de la conservation des téléviseurs et d’autres équipements sont naturelles. L’oxygène présent dans l’air provoque la désintégration des pièces en caoutchouc d’un lecteur vidéo et la rouille des éléments métalliques. De même, les couleurs d’un châssis d’un poste de télévision se ternissent sous l’action des rayons ultraviolets.

Dans un poste de télévision, de nombreux composants contiennent des éléments chimiques, comme les condensateurs électrolytiques (elcaps) par exemple, qui peuvent s’assécher lorsqu’ils sont en marche ou même lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Comme les batteries, ils ont un pôle négatif (-) et un pôle positif (+), et s’ils ne sont pas sous tension pendant une longue période, ils finissent par se désintégrer. Ils réagissent exactement comme une batterie de voiture qui s’est complètement vidée ; on ne peut pas les recharger ni les remettre dans leur état d’origine. Il serait judicieux, encore une fois, de mettre en marche les équipements électroniques une fois par mois et de les laisser tourner une heure ou deux avant de les éteindre. De cette manière, on peut garder tous les composants en bon état.

 

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Packed : Les condensateurs électrolytiques sont-ils souvent à l’origine de pannes ?

Marc Vandeputte : Il y en a entre cent et cinq cents dans un téléviseur à écran plat. Si l’un d’entre eux est défaillant, tout le système peut tomber en panne épisodiquement, voire même de manière permanente.

Parfois, cependant, il est possible qu’un condensateur lâche sans qu’on ne s’en rende compte, parce que la fonction de certains se limite à éviter que les rayonnements s’échappent à l’extérieur, ou à rendre d’autres condensateurs insensibles aux rayonnements de l’extérieur vers l’intérieur. On pourrait probablement en retirer une vingtaine sans causer de dommage au téléviseur ni à ses performances. Mais si l’on place ce téléviseur près d’un relais de téléphone mobile, on notera certains effets. En éloignant le poste de deux kilomètres, tout reviendra à la normale. Certains condensateurs ont un rôle crucial et d’autres servent à limiter la sensibilité aux ondes environnantes ou les risques de rayonnements et de sous-tension. Les condensateurs ne peuvent pas compenser en situation de surtension, mais ils le peuvent en cas de sous-tension, comme lors de chutes de tension, durant lesquelles celle-ci baisse pendant un court moment. Pour un appareil fonctionnant sur 230 V, elle peut alors osciller entre 196 V et 264 V. Les condensateurs permettent de neutraliser les sautes de tension afin que les performances d’un téléviseur ne soient pas affectées par ces perturbations.

Pour des équipements comme les magnétoscopes, l’usure mécanique doit être prise en compte ; les roulements et les ressorts se détériorent, les courroies se détachent des poulies. La vitesse de transport de la bande qui passe sur le tambour s’en trouvera déséquilibrée et l’image sera partiellement ou totalement déformée.

Dans les téléviseurs et les magnétoscopes plus anciens, une batterie de secours est parfois prévue pour alimenter une unité de mémoire contenant des éléments programmables indispensables au bon fonctionnement de l’appareil. C’est pourquoi il faut recharger les batteries, avant qu’elles ne puissent plus alimenter la mémoire. Sans quoi on perd le réglage de certains paramètres comme les différentes options, le volume, le contraste et les chaînes. La batterie a elle-même une durée de vie limitée, suivant sa puissance et le déroulement de ses cycles de charge et de décharge.

 

Packed : L’idéal pour conserver un moniteur ou un téléviseur serait donc de l’entreposer dans de bonnes conditions et de le mettre en marche une fois par mois ?

Marc Vandeputte : Oui, l’allumer pendant une heure, une fois par mois, puis l’éteindre. Si un condensateur électrolytique n’est pas mis sous tension pendant un an, il y a de fortes chances qu’il lâche lorsqu’on rallumera l’appareil. Il se peut même que le condensateur des circuits à haute tension explose si on met l’appareil en marche après une longue période d’inactivité. On rencontre un autres type de dysfonctionnement avec les condensateurs des circuits à basse tension, comme un vieux magnétoscope débranché par des gens partis pour de longues vacances, par exemple, qui refusait de se rallumer à leur retour. Tant qu’il était utilisé quotidiennement, il n’y avait aucun problème, mais ce repos prolongé l’a fait refroidir et les condensateurs déjà sur le point de céder ont rendu l’âme lorsqu’ils ont été remis en marche. L’appareil aurait peut-être lâché de toute façon six mois plus tard, mais cette charge soudaine a accéléré le processus.

 

Packed : Vous dites que les équipements en réserve doivent être allumés une fois par mois. Faut-il les allumer complètement ou simplement les mettre en veille ?

Marc Vandeputte : Je conseillerais de les allumer complètement pour être sûr que chaque élément soit mis sous tension, puisqu’un appareil électronique peut être composé de différents modules requérant des voltages différents. Un magnétoscope, par exemple, reçoit du câble d’alimentation un courant de 230 V qu’il transforme en plusieurs tensions secondaires (+33 V, +12 V, +5 V, +3 V, etc.). Si on branche l’appareil après une longue période d’extinction et qu’il était en veille la dernière fois qu’il a été allumé, il se remettra en veille et ne sollicitera qu’une partie de l’alimentation, qui ne fournira de courant qu’au circuit intégré actif en mode veille et non au reste des circuits. Beaucoup de condensateurs resteront inactifs. Il est donc préférable d’allumer complètement l’appareil. Il finira par se mettre en veille tout seul, en fonction du type de logiciel. Les poste de télévision Philips se mettent automatiquement en veille si aucun signal n’est détecté pendant dix minutes.

 

Packed : Les modèles récents sont-ils les seuls à se mettre en veille en l’absence de signal ?

Marc Vandeputte : Les postes très anciens ne se mettront pas en veille si on retire l’antenne. Beaucoup de téléviseurs Philips le feront après dix minutes de neige à l’écran.

 

Packed : Quel type de maintenance est nécessaire pour le stockage de ce genre d’équipements ?

Marc Vandeputte : Pour un magnétoscope, je conseillerais de presser le bouton de lecture de temps en temps (une fois par mois). Pour s’assurer que les composants mécaniques fonctionnent encore, je recommanderais de lire une cassette pendant cinq à dix minutes, par exemple, puis de la faire tourner en avance rapide, de la rembobiner, de l’arrêter et enfin de l’éjecter. Ainsi, tous les éléments mécaniques de l’appareil seront utilisés, ce qui les empêchera de se bloquer.

Il serait également judicieux d’avoir à disposition un manuel d’entretien du fabricant pour voir quelle graisse doit être appliquée et où se la procurer tant qu’elle est disponible. La graisse peut sécher. Tous les types de graisse ne conviennent pas aux pièces mobiles à cause des risques de réactions chimiques. Celles à base d’huile, par exemple, peuvent détruire certaines parties plastiques à l’intérieur de l’appareil, d’où l’importance de consulter sa notice technique.

 

Packed : Pour le stockage à long terme, est-il important d’allumer l’appareil en augmentant la tension progressivement ?

Marc Vandeputte : Si l’appareil est mis sous tension régulièrement, il n’est pas nécessaire que cela soit fait de manière progressive.

 

Packed : Vaut-il mieux laisser un moniteur ou un autre appareil constamment en veille ou l’allumer et l’éteindre régulièrement ?

Marc Vandeputte : Mieux vaut ne pas le laisser en veille, mais l’allumer complètement de temps en temps (une fois par mois). En fait, il faut trouver un compromis entre le laisser allumé ou l’éteindre. Si on le laisse allumé, il faudra toujours faire attention à sa durée de vie de 20 000 heures d’utilisation au maximum. Si on l’allume et qu’on l’éteint régulièrement, le nombre d’heures d’utilisation maximal sera le même, mais réparti sur plusieurs jours, semaines, mois et années. Cependant, si on laisse un téléviseur allumé douze heures par jour au lieu de vingt-quatre heures, il ne durera pas pour autant deux fois plus longtemps, parce que le fait de l’allumer et de l’éteindre l’use et affecte sa durée de vie.
Des problèmes peuvent également survenir en allumant un poste de télévision mis en veille alors qu’il est en fin de vie.

 

Packed : Ce chiffre de 20 000 heures d’utilisation est-il toujours en vigueur chez Philips ?

Marc Vandeputte : Oui, Philips calcule qu’un téléviseur fonctionnera au moins 20 000 heures. Les critères sont peut-être différents chez d’autres fabricants, mais nous estimons que la durée de vie de nos produits sera de 20 000 heures au minimum. Ce chiffre vaut pour un téléviseur allumé et éteint plusieurs fois par jour. Nous prenons ce dernier facteur en compte pour calculer cette estimation, parce que l’allumage et l’extinction usent certains composants, surtout s’ils sont traversés par du courant, ce qui provoque le réchauffement et le refroidissement de l’appareil.

N’importe quel composant peut tomber en panne après 20 000 heures d’utilisation, mais on ne peut pas deviner lequel. Ceux qui se détériorent le plus vite sont ceux qui chauffent le plus. Les soudures sont sensibles aux changements importants de température. Ici, au centre Philips, nous testons la résistance des téléviseurs. Nous ne les laissons pas allumées pendant 20 000 heures, mais 3 000 seulement, suivant un cycle précis : plusieurs allumages et extinctions en salle de test, avec des températures variant au-dessous et au-dessus de zéro. En très peu de temps, on peut déterminer quelle sera la durée de vie de l’appareil et ce qui risque de se produire. Bien sûr, les pannes précoces sont examinées en profondeur.

 

Packed : Certaines pannes peuvent être expliquées par de longues périodes d’inactivité ? Quelles sont celles qui découlent de l’usage intensif d’un appareil ?

Marc Vandeputte : Les têtes des lecteurs vidéo et audio s’usent très facilement. Contrairement aux condensateurs, certaines pièces ne sont pas entretenues par leur simple utilisation. En particulier les composants mécaniques mobiles : on les préserve justement en ne les utilisant pas trop souvent. C’est pourquoi la conservation de ces appareils repose toujours sur un compromis. Les roulements, courroies, glissières, etc. s’usent assez vite. Ils sont comparables à des pneus…

Même les solid-state, les composants immobiles, finissent par s’user un jour ou l’autre : en fait, tous les composants électriques sont protégés par un matériau isolant. Après une longue période d’utilisation, ce matériau perd ses propriétés isolantes. Dans un composant contenant deux conducteurs dont l’un a un potentiel de 10 V et l’autre de 27 kV, la distance d’isolation sera différente pour l’un et pour l’autre. Celle-ci dépend du type de matériau choisi comme isolant et de la tension utilisée. Plus la tension est haute, plus vite l’isolant s’usera après 20 000 heures d’utilisation. Il deviendra conducteur. On pourrait dire que plus un matériau isolant est de qualité, moins il devra être épais. En général, plus la tension est haute, meilleure doit être l’isolation pour atteindre cette durée de vie.

Outre l’isolation, il existe un autre facteur d’usure : les circuits imprimés, les transistors et les résistances contiennent des composants chimiques ou physiques et sont toujours très sollicités lorsque l’appareil fonctionne. Si on met un circuit sous tension, le courant passe par celui-ci et sa température augmente lentement des 20 °C ambiants jusqu’à 110-115 °C. Le fait d’allumer et d’éteindre l’appareil crée un stress thermique pour le circuit imprimé. C’est aussi un moyen de tester la durée de vie des composants : les allumer et les éteindre pour détecter d’éventuelles faiblesses.

Autrefois, personne n’allumait son poste de télévision le matin parce qu’il n’y avait aucun programme à cette heure-là. Aujourd’hui, il y a des émissions vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Par conséquent, les gens allument et éteignent leur téléviseur sans arrêt. Ce phénomène accélère l’usure des circuits. Il y a cinquante ans, il y avait peut-être quarante transistors dans un circuit ; actuellement, il y en a un million, voire plus, sur des surfaces plus petites, et ils sont plus fragiles qu’avant en raison de l’augmentation des moments de stress.

 

Packed : Les changements de température des équipements et de leurs composants ont donc une influence importante sur leur durée de vie maximale ?

Marc Vandeputte : Oui. Dans le passé, les fabricants étaient satisfaits si la température des circuits imprimés restait en dessous des 100 °C, parce que plus ce qu’on appelle le « delta T »1 est grand, plus vite un circuit s’abîmera et tombera en panne. Il faut donc garder ce delta T le plus bas possible. S’il est élevé, les composants subiront un plus grand stress. C’est la raison pour laquelle on met des ventilateurs dans certains appareils : pour maintenir le delta T au plus bas. Les soudures sont également sensibles aux contraintes thermiques : le déplacement horizontal des broches d’un composant chaud engendre un stress matériel sur la soudure.

Le delta T n’est pas la seule chose à prendre en compte ; il y a aussi la tension ainsi que la durée et les conditions d’utilisation. L’appareil est-il généralement utilisé à une température de 15 °C ou 35 °C ? Dans un environnement humide ou pas ? On imagine que si un appareil atteignait une très haute température, ses composants en pâtiraient. Comme je l’ai déjà dit, la durée de vie d’un appareil sera plus courte si sa tension est élevée. Les composants haute tension cassent plus facilement que les composants basse tension. La durée d’utilisation est un autre facteur. Rien n’est éternel, à l’exception peut-être des câbles de cuivre, qui ne subissent aucun stress. Mais ici, il s’agit de semi-conducteurs, de résistances et de condensateurs électrolytiques.

 

Packed : Quels sont les pannes les plus courantes dans un téléviseur ?

Marc Vandeputte : Par ordre d’importance : les composants haute tension (EHT), les résistances à courant élevé, les condensateurs électrolytiques et les soudures de composants chauds.

 

Packed : Les composants haute tension sont-ils vraiment spécifiques à certains modèles ou marques ?

Marc Vandeputte : Oui, tous les équipements contiennent des composants haute tension lorsqu’ils sont branchés sur secteur. En général, l’électronique moderne fonctionne sur basse tension et peut donc être alimentée par une batterie, mais, au lieu d’un transfo traditionnel, il existe désormais d’autres moyens de recharger la batterie et de changer le courant de 230 V en une tension plus basse et plus sûre. De nos jours, cette fonction est assurée par un circuit électronique qu’on appelle circuit d’alimentation électrique. Ce dispositif d’alimentation secteur est basé sur plusieurs composants haute tension conçus par ou pour un fabricant précis. Ils ne seront probablement pas compatibles avec une autre marque, sauf si c’est un élément de base. Ils auront peut-être les mêmes dimensions, mais leurs caractéristiques électriques seront certainement différentes, ce qui les rend ni utilisables ni interchangeables.

 

Packed : Vous paraît-il important de conserver des pièces de rechange pour rester en mesure d’entretenir des équipements pendant très longtemps ?

Marc Vandeputte : Si les musées veulent garder leurs équipements en état de marche, ils devraient essayer d’acquérir des pièces de rechange pour chaque élément de leur collection.

 

Packed : Y compris des composants électroniques comme les condensateurs électrolytiques ?

Marc Vandeputte : De telles pièces sont encore assez courantes et on peut les trouver facilement. Il ne me paraît pas utile d’en faire des réserves.

 

Packed : Quelles sont les pièces les plus importantes à conserver ?

Marc Vandeputte : Pour les téléviseurs et les moniteurs, ce seraient les transformateurs haute tension et les tubes cathodiques. La plupart des composants haute tension et des tubes cathodiques correspondent à un modèle particulier. Ils vont disparaître du marché et devenir de plus en plus chers. Il serait également judicieux d’avoir des blocs d’alimentation également. La plupart du temps, ils sont fabriqués en tant qu’unités complètes, faciles à remplacer en cas de panne.

 

Packed : Les composants d’un téléviseur à tube cathodique fabriquée par Philips sont-ils différents de ceux d’un téléviseur d’une autre marque ?

Marc Vandeputte : Comme je l’ai dit, les transformateurs Philips ont, entre autres, une forme précise avec un certain nombre de broches, alors que ceux d’une autre marque auront peut-être une broche de moins ou de plus, suivant les caractéristiques du modèle. Le fournisseur fabrique le transformateur selon les désirs et les besoins de la marque. La fonction du transformateur dans un téléviseur est la même pour toutes les marques – il génère des flux à haute et basse tension – mais pas les besoins électriques de chacune, d’où un agencement mécanique différent.

Si vous possédez tel poste de télévision, il vous faut trouver le transformateur correspondant, s’il est encore disponible. S’il ne l’est plus, il ne vous reste qu’à espérer que la pièce d’origine tiendra encore cinquante ans. Mais si vous achetez un transformateur haute tension et le commutateur qui le commande, vous serez tranquille pour de nombreuses années.

 

Packed : Le commutateur ?

Marc Vandeputte : Oui, ce qu’on appelle un transistor ligne. Pour savoir quel type est utilisé dans un appareil, on peut toujours consulter sa notice technique. On peut parfois le remplacer par un autre et placer un composant plus performant que l’original, sans que cela ne pose de problème.

 

Packed : Quelles sont, selon vous, les meilleures conditions de stockage pour les téléviseurs et les autres équipements électroniques ?

Marc Vandeputte : Un taux d’humidité très bas et une température constante. Il faut éviter que les équipements soient en contact avec l’humidité. Plus l’air est sec, mieux c’est. Si on déplace un téléviseur d’un endroit sec à un endroit humide ou d’un environnement chaud et humide à un environnement froid et sec, de la condensation apparaîtra sur les parties froides ou métalliques, augmentant les risques de corrosion. Je recommanderais une température de 18 °C. La plupart des équipements sont conçus pour fonctionner à température ambiante.

 

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Packed : Que peut-on faire d’autre pour améliorer le stockage des équipements ?

Marc Vandeputte : Pour des appareils comme les lecteurs et les enregistreurs vidéo, les courroies en caoutchouc se décomposent. Leur usure varie selon qu’on les utilise ou pas, parce qu’elles sont soumises à un stress mécanique constant. Je conseillerais de les libérer des petites roulettes auxquelles elles sont attachées, ce qui réduira ce stress ; reste l’action de l’oxygène présent dans l’air. Lorsque ces courroies vieillissent, des fissures apparaissent tout le long et elles finissent par se décomposer, comme n’importe quelle bande de caoutchouc. Je ne suis pas spécialiste des courroies, mais je pense qu’elles devraient être conservées dans un environnement exempt d’oxygène, dans un emballage sous vide par exemple. Il est probablement préférable de les garder à l’abri de la lumière pour les protéger des rayons ultraviolets.

Ce raisonnement s’applique également aux ressorts. Si un appareil contient des ressorts, il vaut mieux les retirer. Cela permettra de conserver leur force de pression et de traction. Stockés dans une pièce à basse humidité, ils ne rouilleront pas, car ils sont généralement déjà traités ou galvanisés.
Lorsque l’appareil devra être réutilisé, il faudra bien sûr replacer les courroies et les ressorts. Ce n’est peut-être pas très pratique, mais cela aidera à les conserver plus longtemps.

 

Packed : Les équipements doivent-ils être protégés des rayons du soleil ?

Marc Vandeputte : Oui, les rayons ultraviolets présents dans la lumière du soleil décolorent le plastique et peuvent provoquer des changements de température.
À propos des variations de température : si on entrepose un moniteur dans un local où il fait 10 °C en hiver et qu’on l’utilise ensuite dans une pièce où il fait 25 °C, il faut lui laisser le temps de s’acclimater avant de l’allumer. Sans cela, la condensation qui se sera formée sur les parties électriques causera des problèmes. Le manuel d’un nouveau téléviseur précise généralement que si il est froid, il ne faut l’allumer qu’une fois qu’il s’est adapté à la température de la pièce. Ceci vaut pour tous les équipements, neufs ou anciens.

 

Packed : Les équipements doivent-ils également être protégés de la poussière ?

Marc Vandeputte : Oui. Pour mettre un appareil à l’abri de la poussière, on peut le recouvrir d’un sac plastique, éventuellement avec des poches de gel de silice pour le protéger de l’humidité.
La poussière nuit à la ventilation et au refroidissement des équipements. L’air doit pouvoir circuler à l’intérieur du téléviseur et accéder à toutes les ouvertures de ventilation et de refroidissement, de manière à garder le delta T le plus bas possible. Dans les appareils où l’air ne circule pas naturellement, comme un ordinateur portable, les fabricants placent un ventilateur pour pomper de l’air frais et le propulser sur la carte mère. Lorsque vous acquérez un appareil, il est recommandé de l’ouvrir et de le nettoyer en s’assurant qu’il ne reste aucune poussière.

Ceci est important pour les moniteurs et les téléviseurs à tube cathodique, parce qu’une partie du tube, où vient se loger le câble à haute tension, n’est pas protégée. Le reste du tube est recouvert d’une gaine conductrice noire à base de graphite. La zone non protégée doit être exempte de poussière, de moisissure ou d’humidité. Si de la saleté s’accumule à cet endroit, il y aura un risque d’arc électrique puisque cette partie du tube n’est pas totalement isolée. Du courant à haute tension circule par là ; il faut donc être sûr qu’aucun conducteur ne se trouve sur la partie isolée ni sur le câble haute tension, puisqu’il s’agit de courant à 30 kV. Trop de saletés à cet endroit créerait une zone conductrice, qui peut produire une étincelle ou un arc, comme un éclair. Souvent, en allumant un vieux téléviseur, on entend le bruit d’une charge et d’une décharge statique, comme lorsqu’on retire un pull synthétique. Ce sont les composants haute tension qui crépitent. Pour éviter les arcs, il faut nettoyer cette partie du tube cathodique.

Ainsi, on réduira considérablement les risques d’anomalie. Cependant, en nettoyant le tube cathodique, il ne faut surtout pas utiliser de tissu, à cause des particules de graphite qui peuvent s’y déposer. On peut également nettoyer le câble EHT dont la haute tension attire de nombreuses particules chargées.
Les composants mécaniques mobiles sont très sensibles à la poussière. Celle-ci peut causer des frottements indésirables dans les mécanismes.

 

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Packed : Y a-t-il d’autres choses à ne pas faire ?

Marc Vandeputte : Graisser certaines parties d’un appareil peut s’avérer dangereux. Beaucoup de plastiques se décomposent après deux ou trois jours s’ils ont été en contact avec de l’huile. Il ne faut jamais appliquer de graisse, même sur les parties métalliques, parce qu’elle a tendance à se répandre et à atteindre le plastique, qui finira alors par céder. Jamais de graisse dans un appareil, donc, sauf s’il est évident que tout est mécanique, comme dans les antiques lecteurs et enregistreurs vidéos, qui le sont presque entièrement. De nombreuses parties plastiques ne peuvent être graissées avec des lubrifiants à base d’huile. Il existe des produits spéciaux à appliquer sur les plastiques des magnétoscopes ou des lecteurs cassette, là où c’est nécessaire.

 

Packed : Beaucoup d’œuvres d’art utilisent des moniteurs ou d’autres équipements encastrés dans un cadre de bois, par exemple. Cela peut-il être amélioré ?

Marc Vandeputte : Imaginons qu’un moniteur est placé dans une boîte. Il faut garder à l’esprit que l’air chaud a toujours tendance à monter. Ce qui veut dire que les ouvertures pour la ventilation doivent être percées sur la boîte ou le cube. Le diamètre de ces trous doit être au moins égal et même de préférence plus grand que l’épaisseur des parois de la boîte. L’air se déplace naturellement, mais pas par des ouvertures trop étroites. Il faut tenir compte de l’épaisseur du contenant. Des trous de ventilation doivent être percés dans les parties inférieure et supérieure de la boîte pour que l’air circule correctement. Tous les téléviseurs sont conçus pour laisser entrer l’air froid par-dessous et laisser sortir l’air chaud par-dessus. Si une œuvre utilise un moniteur CRT placé à l’envers ou sur le dos, le système de refroidissement et la convection naturelle de l’appareil ne fonctionneront plus. En conséquence, sa durée de vie sera diminuée. Si un moniteur ou un téléviseur est placé à l’envers ou sur le dos, il faut l’équiper d’un système de refroidissement.

 

Packed : Dans le cadre de notre projet de recherche, nous avons étudié le cas d’une installation de Bert Shutter au Stedelijk Museum d’Amsterdam intitulée Mill x Molen. Les moniteurs y sont placés en rangs et inclinés à quarante-cinq degrés, en forme de moulin.

Marc Vandeputte : Une inclinaison de quarante-cinq degrés est acceptable. Les moniteurs sont encore refroidis grâce à la convection naturelle. Tant que cela ne dépasse pas quarante-cinq degrés, dans un sens ou dans l’autre, il ne devrait pas y avoir de problème, mais s’ils sont à quatre-vingt-dix degrés ou à l’envers, le système de refroidissement naturel ne fonctionnera plus. Un dispositif de refroidissement devrait alors être envisagé, mais ce n’est pas facile à mettre en place.

Imaginons un téléviseur accroché au plafond : l’air ne peut pas circuler. Le plafond est déjà l’endroit le plus chaud de la pièce. L’air froid vient du bas, il faudrait donc créer un effet de cheminée à l’intérieur de l’appareil.

 

Packed : Dans cette œuvre, les moniteurs sont aussi alignés. Cela pose-t-il un problème ?

Marc Vandeputte : S’ils se touchent mais que la température de la pièce ne dépasse pas les 35 °C, il n’y a pas de raisons de s’inquiéter.

 

 

Packed : Est-il recommandé de renforcer les soudures par prévention ?

Marc Vandeputte : Oui, toutes les soudures fragiles peuvent être refaites préventivement. Elles sont l’une des causes de panne les plus courantes.

 

Packed : Y a-t-il d’autres choses à faire dans le cadre de cette maintenance préventive ?

Marc Vandeputte : Il ne faut pas oublier les équipements qui contiennent des batteries. Celles-ci ont une double fonction : assurer l’alimentation de l’appareil lors d’une chute de tension ou de longues périodes sans mise sous tension, et préserver les réglages de la mémoire. La plupart du temps, ce dernier rôle concerne des paramètres comme une fréquence gardée en mémoire, par exemple. Dans les téléviseurs plus anciens, les batteries servent souvent à conserver les éléments mémorisés lorsque l’appareil est éteint.

On a utilisé des batteries dans les téléviseurs Philips jusqu’en 1987 : une batterie était nécessaire pour garder la mémoire sous tension. Le plus souvent, il y avait une batterie nickel-cadmium dans les PCB qui pouvait maintenir la mémoire sous tension pendant environ un mois. Si un téléviseur restait éteint plus d’un mois, le contenu de la mémoire était perdu et il fallait le reprogrammer. Avec une batterie de bonne qualité, cela pouvait tenir deux mois, voire plus, en fonction du courant fourni aux circuits par la batterie ou de la qualité de celle-ci. Le mode veille permettait de maintenir la batterie complètement chargée. Il faut donc prendre soin de ces batteries.

De nos jours, on utilise encore des batteries dans d’autres équipements comme dans les ordinateurs portables, dont elles alimentent le BIOS, ou pour certains syntoniseurs FM parce que c’est plus pratique. Il existe des petites batteries de 1,2 V et d’autres plus endurantes. Le voltage de ces batteries augmente par crans de 1,2 V ; il existe des versions de 1,2 V, 2,4 V et 3,6 V. On peut en trouver sur Internet si on en connaît les dimensions. Si on trouve une batterie dans ces équipements, on peut la remplacer par une neuve et éteindre l’appareil plus longtemps sans perdre de données. Il ne faut jamais se dire tout de suite qu’une machine est cassée et qu’elle est bonne à jeter, parce que cela pourrait simplement être un problème de batterie.

 

Packed : Si des condensateurs électrolytiques doivent être remplacés, vaut-il mieux les changer tous en même temps ?

Marc Vandeputte : Ça dépend. J’ai réparé de nombreux téléviseurs dans ma vie ; je ne pourrais pas dire combien exactement. À un moment donné, on commence à comprendre les points faibles d’un téléviseur. En voyant un défaut dans l’image, on peut dire immédiatement si le problème vient de la déflexion d’image ou de la déflexion de trame, ou encore de l’alimentation. Si un type, une marque ou un modèle précis de condensateur est hors d’usage et manifestement de moins bonne qualité, il vaut mieux remplacer toute la série, préventivement, mais aussi pour satisfaire le client…

Mais remplacer tous les condensateurs en même temps n’est pas forcément un bon calcul, parce que, dans certains cas, seuls trois d’entre eux devront être remplacés et les vingt-cinq restants de la même marque ne s’useront jamais. Cela s’explique par le fait que la tension varie entre différentes valeurs dans certains circuits. L’installation d’une résistance et d’un condensateur à l’entrée d’un circuit en stabilisera la tension. On appelle courant ondulatoire une telle variation de la tension. Le condensateur compense les sautes de tension et alimente l’appareil lorsque celle-ci est trop basse. Plus la tension a tendance à varier, plus vite un condensateur lâchera. C’est pourquoi le condensateur tiendra plus longtemps dans les circuits où le courant ondulatoire est faible que dans ceux où il est élevé. C’est exactement comme un moteur : sa durée de vie sera plus longue si on le laisse tourner à 2 000 tr/min plutôt qu’à 4 000 tr/min.

 

Packed : Peut-on remplacer des condensateurs par d’autres modèles ?

Marc Vandeputte : On ne peut remplacer un condensateur que par le même genre de modèle, possédant les mêmes caractéristiques. Peu importe la marque, mais le nouveau doit être du même type que l’original. Les condensateurs peuvent avoir différentes formes : certains sont cylindriques, d’autres ont l’air vraiment anciens, etc. Ils ont toujours un pôle positif et un pôle négatif et leur capacité est indiquée : 100 microfarads et 25 V, par exemple. On ne peut pas remplacer un modèle de ce type par un autre de 100 microfarads et 16 V, parce qu’il ne résisterait pas à la tension. Cela signifie que la tension maximale qu’il peut supporter est de 25 V ; si on le remplace par un condensateur de 100 microfarads mais de 16 V, il explosera. On peut le changer par un modèle de 35 V, mais il est préférable d’en utiliser un qui présente les mêmes caractéristiques.

 

Packed : Est-il possible de faire le lien entre un problème dans l’image et un composant précis ?

Marc Vandeputte : Oui, certaines anomalies sont directement imputables à des composants précis, mais seul un technicien expérimenté pourra le voir.

 

Packed : Certains musées ont des techniciens compétents qui connaissent bien les téléviseurs, moniteurs et autres technologies vidéo. Mais la plupart sont des petites structures sans techniciens et doivent donc élaborer des stratégies différentes.

Marc Vandeputte : Ils prennent beaucoup de risques en ne s’entourant pas de techniciens qualifiés. Si un appareil est utilisé d’une manière contre-indiquée, par exemple, il aura forcément des problèmes. Les musées devraient tous compter un technicien dans leurs rangs ou au moins faire venir quelqu’un pour les conseiller avant l’accrochage d’une exposition.

Si l’on souhaite placer un téléviseur à l’envers, par exemple, avec l’écran face au plafond et l’arrière face au sol, il vaut mieux demander à un spécialiste quelles précautions prendre pour éviter la casse. Et comment la fixer correctement pour l’empêcher de tomber. Un téléviseur n’est pas faite pour supporter son propre poids lorsqu’il est placé sur l’arrière. C’est du plastique, souvent assez souple. Bien que certains postes puissent être vraiment rigides et solides, ils ne sont pas faits pour être mis sur le dos. Il faut se renseigner sur l’installation d’un système de refroidissement. Si le téléviseur est mis à l’envers, l’air ne circulera plus comme il est censé le faire ; c’est pourquoi le refroidissement est nécessaire. On peut utiliser un ventilateur, mais, placé juste devant le téléviseur, il gâchera toute l’exposition. Un technicien débrouillard trouvera l’endroit où le mettre pour qu’il aspire l’air ou, mieux, qu’il le fasse circuler à l’intérieur du poste, de manière que l’air chaud en sorte et que certains composants, eux au moins, soient refroidis.

 

Packed : Qu’est-il possible de faire pour éviter un burn-in de l’écran ?

Marc Vandeputte : Des images fixes ne devraient pas être montrées de façon permanente sur des écrans à plasma, à tube cathodique ou à cristaux liquides. Le phénomène de burn-in est la raison pour laquelle beaucoup de diffuseurs retirent leur logo de l’écran toutes les demi-heures ou toutes les deux heures et le rendent le plus transparent possible. Les logos sont arrivés très tard à la télévision ; à l’origine, il n’y en avait aucun.

Dans certains téléviseurs Philips, l’image est régulièrement déplacée sans que le client ne s’en rende compte. L’image se décale de quelques crans ; en fait, elle bouge. On perd successivement un bout d’image en haut, en dessous, à gauche et à droite, pour éviter les burn-in.

 

Packed : Après une longue période d’inactivité, est-il conseillé de diffuser une image grise sur un tube cathodique ?

Marc Vandeputte : Oui. En diffusant une image grise, vous éviterez de surcharger le tube ainsi qu’une grande partie de l’électronique. Ils tourneront à moyen régime. Avec une image blanche, le générateur de haute tension est fortement sollicité ; un courant oscillatoire important passera par les condensateurs et les trois canons à électrons qui produisent le rouge, le vert et le bleu. Pour atteindre le bon équilibre et donner du blanc, ceux-ci doivent être chargés à fond. Bien entendu, les téléviseurs sont conçus pour résister à de telles charges, mais, eu égard à la durée de vie du tube, il vaut mieux utiliser une image grise. Pas verte, ni bleue, ni rouge : grise, parce qu’une telle image chargera chaque pigment de la même manière. Avec une image rouge et un contraste bas, les luminophores rouges seront activés, mais pas les bleus ni les verts.

 

Packed : Quel est le cycle de vie d’un produit Philips aujourd’hui ?

Marc Vandeputte : La durée de commercialisation maximale pour un téléviseur Philips classique est de un an, après quoi de nouveaux modèles sortent. La phase de développement prend plus de temps, évidemment.

Les pièces détachées de chaque produit sont disponibles au moins sept ans après sa commercialisation, et parfois plus. Il nous faut prévoir quels composants vont poser problème. Si nous pouvons établir, pendant la phase de développement, qu’un composant est fragile, nous essayons de l’améliorer ou de trouver un moyen pour qu’il subisse un stress moins important. Aucun composant n’est utilisé de façon contraire à ses spécifications.

 

Packed : Que se passe-t-il au bout de ces sept ans ? Gardez-vous des pièces de rechange après ce délai ?

Marc Vandeputte : Nous les gardons aussi longtemps que possible au service de réparation.

 

Packed : Serait-il judicieux de créer une réserve de composants comme des blocs d’alimentation ou des condensateurs, ou sont-ils toujours plus ou moins identiques ?

Marc Vandeputte : Il est difficile de prévoir quels composants seront disponibles très longtemps. Tout comme de dire lesquels tomberont en panne… On peut se retrouver avec plus de pièces détachées que ce dont on aura jamais besoin. Mais l’avis d’un technicien qui connaît les équipements utilisés dans les musées peut être précieux pour savoir quelles pièces commander.

 

Packed : Les manuels d’entretien de vos produits sont-ils archivés quelque part ?

Marc Vandeputte : Oui. Certains sont ici à Bruges et d’autres sont à Eindhoven, mais les manuels des appareils produits ici se trouvent tous ici.

 

Packed : Un client pourrait-il les consulter ?

Marc Vandeputte : Non, seul le personnel de Philips y a accès. La production et la distribution des manuels d’entretien coûtent très cher ; ils sont donc imprimés en quantités restreintes, à l’usage exclusif des professionnels.

 

Packed : Ils ne sont pas numérisés ?

Marc Vandeputte : Un grand nombre d’entre eux sont réalisés au format PDF, et ceux des vieux téléviseurs sont scannés.

 

Packed : Où les musées peuvent-il trouver un atelier de réparation s’ils doivent faire entretenir leurs vieux téléviseurs et qu’ils n’ont pas de techniciens qualifiés en électronique ?

Marc Vandeputte : Ils peuvent toujours s’adresser à Philips pour les produits Philips et trouver le centre de réparation agréé le plus proche. Autrefois, Philips avait de nombreux ateliers de réparation, mais ce travail est confié à des sous-traitants aujourd’hui. À l’époque, il y avait beaucoup de professionnels très compétents dans ces centres, qui connaissaient très bien les vieux téléviseurs Philips.

La réparation de postes de télévision est une activité très pointue. Je connais bien les vieux téléviseurs Philips, mais je ne peux pas en dire autant des autres marques.

 

Packed : Comment rechercher ce type d’informations sur Internet ?

Marc Vandeputte : Il suffit de taper sur un moteur de recherche le numéro de modèle de l’appareil et vous obtiendrez une liste de sites reprenant des infos sur celui-ci. Je suis membre d’un forum néerlandais pour les amateurs et les professionnels qui s’appelle Circuitsonline.net. On peut y poser des questions sur un modèle ou un problème particulier. C’est une communauté où les utilisateurs s’échangent des informations et des conseils. Ces informations resteront disponibles tant que ce genre de site existera…

 

Packed : C’est également un moyen d’enrichir ses connaissances à propos d’équipements obsolètes ou en voie de l’être.

Marc Vandeputte : Beaucoup de téléviseurs et d’équipements électroniques sont déclassés et plus personne ne s’y intéresse. Le service de réparation de Philips possède des descriptions des circuits dans sa documentation. En soi, on a encore accès au fonctionnement des circuits et à certaines recommandations d’entretien.

 

Packed : Votre intérêt pour les anciens téléviseurs fait de vous une sorte d’archiviste de Philips ?

Marc Vandeputte : D’une certaine manière, mais qui reste très limitée.

 

 

Notes

 

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